It's in the water baby..
- and between you and me -      
Mercredi 31 janvier 2007 - 03:04
Le temps de rien, quelques jours à courir comme le lapin d'Alice au pays des merveilles, le temps de rien, même pas de lire, encore moins d'écrire, et les mails qui s'entassent.. Un demi-déménagement avec picole avant, picole pendant, picole après, tous ceux sur qui on peut compter, tous ces sourires, et papa qui ramène de l'herbe. Rendre les clés de l'appartement dans approximativement quatre heures, le temps de rien, pas même de dormir, du retard dans tout, un suppléant à former en moins de douze heures, décollage dans une trentaine d'heures, et encore plein de paperasses administratives à finir.
Samedi 27 janvier 2007 - 04:43
Entretiens d'embauche. Six personnes. Deux boulangers-wanabee-administrateurs-systèmes-et-réseaux: le genre de gars à qui on n'a instinctivement pas envie de confier le bébé. Deux ptits-gars wanabee tout court, un junior-junior dynamique, sociable et sympathique, qui s'intégrera facilement au bordel ambiant, et un Marocain déraciné, le genre de personnalités que j'admire, mais froid, pas sociable, juste sauvé par son regard terriblement rêveur, et l'air plus que motivé/dévoué, questionnaire technique sans hésitations, sans fautes, et, plus tard, un glandeur mal rasé apathique, ou mal réveillé, qui ne saura répondre qu'un très décevant "non" à la question "avez-vous des questions sur le poste?", et enfin un gars-comme-moi, profil strictement identique, autodidacte, entrepreneur dans l'âme, mais un petit quelque chose mal perçu, un truc indéfinissable qui fait que.. non. Plus tard, en discuter téléphoniquement avec la demoiselle-absolument-adorable théoriquement en charge des recrutements, la même avec qui il aurait certainement pu se passer quelque chose de plus qu'intéressant si elle ne parlait de son coeur déjà pris.

Plus tard, un dernier taxi à Paris. Berline noire, plus que confortable, presque idéale sur le moment. Ma petite dizaine de cartons vite rangés dans le coffre. 101.1: radio Classique, une symphonie en stéréo, montez le son et laissez-moi ouvrir la fenêtre, merci, vous pouvez passer par les quais, oui mais ça fait un détour, il me montre un plan, je me fous du détour, j'ai envie de passer par là, vous vous en foutez, mais je quitte Paris dans quelques jours, votre musique me rend nostalgique avant l'heure, sans que je comprenne pourquoi, alors j'ai envie de ce détour; les quais de Seine la nuit, la Concorde, l'Assemblée Nationale, le musée d'Orsay, le pont des Arts - sur l'autre rive, un banc sur lequel je me souviens avoir fait l'amour, non, pas baisé, juste fait l'amour, en plein mois d'aôut, quand Paris devient aussi désert que la ville de Strasbourg un 30 décembre à deux heures du matin, et c'est peu dire - le début de l'île de la Cité, le Palais de Justice, le tribunal de commerce juste à côté, à gauche, la tour du Châtelet, boulevard de Sébastopol, on passe devant le 52, rue du Temple, République, vous me mettez FIP? 101.5 - merci. Avenue de la République, Oberkampf, ça bouchonne, je passe par Ménilmontant? Non, ça va mieux après la rue Saint-Maur - euuh.. c'est vous le client.. - cinq minutes plus tard, il me dira "oh, effectivement", puis, le Père Lachaise, avenue Gambetta, place Gambetta, l'hôpital Tenon, mauvais souvenirs, la porte de Bagnolet, oui, direction Bagnolet-centre, on fait comme si on allait sur le périph', mais vous tournez à droite - l'avenue Gambetta, mais à Bagnolet, après le quatrième feu à gauche, tout droit, de toutes façons vous n'avez pas le choix, première à droite, à cent mètres sur la gauche, merci, mais vous portez quel parfum ? pourquoi ? Il sent bon. Cartier. Tout court? Oui, tout court. Gardez la monnaie, vous êtes si serein, ça change, bon courage.

Clac-clac font les clés dans les trois serrures. Toujours cette odeur insupportable, et des cartons, des cartons, des cartons, partout. Un rouleau de scotch, OK, ils sont assez solides, ça va. Sacs poubelle. Vider la dernière étagère, équilibrer les cartons: des bouquins, mettre de côté ceux que je vais emporter, Vian, Irvine Welsh - Trainspotting -, cette greluche de Lolita Pille, van Cauwalaert, Despentes, ce con de Beigbeder, encore Vian, des références qui peuvent sembler plus que superficielles à certain(e)s, rien à foutre. Penser à faire un tour à la FNAC avant jeudi-midi. Les CDs, on doit en avoir un paquet en commun: l'envie de prendre une photo, mais.. Non. Dictionnaire des synonymes, j'hésite à partir avec. Non, trop lourd, et l'équivalent en ligne, à portée de main. Les photos. Un carton presque plein de négatifs et positifs mêlés, entassés, déjà numérisés. Puis, dîner, ou faire semblant. Dix jours à n'ingurgiter que du Munster-au-cumin, de la charcuterie Alsacienne, Flammekueche et saucisse à tartiner, carpaccios-parmesan et onglets saignants, comme si je devais prendre de l'avance, faire des provisions, ne pas chercher à comprendre. Ouvrir une bouteille de Cahors, Prieuré de Cénac 2002, une bonne année, mais pas autant que celle qui a consacré l'Aveyronnais Marcillac 1997, merde, dans quelques jours je devrai me contenter de vin blanc Californien, de rouge Chilien, ou d'importations Françaises hors de prix, à défaut de pouvoir embarquer une bouteille de Chateau-Margaux, anti-terrorisme terroriste oblige. Les souvenirs, bibelots, flyers, billets de concerts, souches de chéquiers, cartes de visites, entassés, vider l'espace, un bac de cables, fils, connecteurs, adaptateurs, convertisseurs, alimentations, un bac de fringues, chaussettes, sous-vêtements, peluches poussiéreuses. Plusieurs sacs de documents administratifs non triés, l'essentiel est mis de côté: avis d'imposition et fiches de paye, pour simplifier une éventuelle recherche d'appartement dans le cas d'un éventuel retour.

Tout est presque emballé. Presque: alors, remettre au lendemain ce qu'on peut faire le jour même, ma doctrine préférée. Détour par l'ordinateur. Un webmaster perdu à rassurer sur l'évolution de notre politique commerciale plus qu'inconstante. Facilement convaincu: tu as déjà eu un souci avec nous? Si oui, réglé en combien de temps? Alors? Alors rien. Convaincu. C'en est presque trop facile. Après ça, relire un mail reçu la veille, lu dans le métro par la grâce de ces bidules communicants-connectés-GPRS-mon-cul, mais le genre de choses qui me font sourir bêtement au milieu d'une foule aussi morne que préoccupée, et puis j'ai pris l'habitude de classer les mails sans réponse dans un dossier "lettres mortes", mais ce n'est pas la première fois qu'un de mes courriels se perd dans le dossier "Spams" d'un fournisseur quelconque, alors quand la réponse arrive.... Remettre l'argumentation, le développement, les pensées au lendemain, tu ne m'en voudras pas. ? l'instant, on me repose une énième fois la question "prêt?", mais je ne trouve toujours pas de réponse satisfaisante, faute de m'être sérieusement posé la question. Je ne réalise pas que d'ici quatre jours, je me prendrai un choc thermique équivalent au passage de ce qui me sert de chambre à ce qui me sert de cuisine, soit une trentaine de degrés centigrades, rien qu'en sortant de l'aéroport de Suvarnabhumi, avant de prendre un taxi climatisé direction un quelconque hôtel de luxe, pour me poser pour quelques nuits dans une quelconque suite-présidentielle-avec-accès-internet, le temps d'absorber le décalage horaire, juste avant d'aller déguster une soupe de crevettes, dans la rue, comme tout touriste un peu friqué, ou pseudo-bourgeois-puant-et-revendiqué, au choix.

Là, relire mes brouillons, hier, je notais: je viens d'effacer -irrémédiablement- la bonne centaine de pages de ce qui aurait pu être ma première nouvelle publiée ici, quelques milliers de mots en forme d'exhutoire brutal, appellé inopportunément l'inconstante. Des mots qui décrivaient avec une précision parfaite le passage des extases du septième ciel à son départ, sur fond de violentes disputes avant d'énièmes ou dernières retrouvailles, et l'inexorable descente aux enfers qui a suivi, sur fond de mal-être latent, laissant comme seul souvenir l'impression d'avoir été dépossédé de mon sommeil, en échange de ce sentiment de culpabilité impossible à cerner puisque biaisé, d'une notion de vraie nature inconnue, puisque que biaisée, effacée depuis des années par un facteur déséspérément chimique, mais je radote, post-blue, la page est tournée depuis longtemps, même si l'ouvrage n'est pas complètement fermé, on n'oublie rien de ce qu'on veut oublier, c'est le reste qu'on oublie, non ? Non. Alors, relire les blogs, les quelques liens là, en haut à gauche, ceux que je tiens à emporter dans mes bagages, ceux que je lirai de loin, ceux qui m'ont donné envie d'un peu de toi, cet espace de paraboles, de cycles, de ping-pong virtuel, d'échanges effacés, cet espace sur lequel j'aurai pu reprendre des mots tels qu'oublier hier, s'extraire du présent, ne pas songer à demain: l'intemporalité est l'unique clé de mon sommeil, ou [si] les choses ne seront pas trop douloureuses, je reprendrai tout depuis le début, l'écriture, la photographie, depuis le début comme si de rien n'était, comme si jamais cela n'a été, si beau, je voulais dire, mais il n'y a pas de place pour la beauté, pas aujourd'hui. Alors continuons. Si tu veux bien.

Si j'ai bien interprété mon contrat Visa Premier©, ma vie vaut 310 000 €, hors-taxes, ou toutes-taxes-comprises, on ne sait pas, mais ils ne sont pas remboursables en cas de 1) guerre civile 2) actes de terrorisme 3) catastrophes naturelles 4) désintégration du noyau atomique. Me voilà rassuré.

Ne pas relire. Publier. ? bientôt.

Welcome to future. Side two.



[DJ Shadow - The Private Press - Mongrel...]
Jeudi 25 janvier 2007 - 00:29
hidden-track.net falling-free.net secret-track.net macrocuts.net sorry-angel.net 2rights1wrong.net dispatchbox.net takemyhead.net summersgone.net puremornings.net halfofyou.net maybemaybe.net wildisthewind.net hungriness.net lost-paradises.net lostparadises.net yesterday-is-here.net ohmandy.net spiral-static.net sense-or-sensibility.net inthishole.net nouveauxdeparts.net forgottenplaces.net afinedaytoexit.net tothecity.net laconfession.net tasteinmen.net passiveagressive.net something-rotten.net somethingrotten.net mapofyourhead.net track-2.net bliblibli.net ahmelody.net bloodyjack.net cargoculte.net enmelody.net anamour.net anamours.net toimourir.net sorryangel.com nosunshine.net empathylow.net teskosuicide.net walktherain.net sorry-angel.net ambiguites.net to-forget.net names-and-faces.net

post-blue.net.

Mais tu le savais déjà.


shotbot - capture d'écran screenshot web
timing: 0.005 sec - sql: q, sec