It's in the water baby..
- and between you and me -      
Vendredi 18 mai 2007 - 23:41
S'efforcer de garder un sourire parfaitement imperturbable pendant dix longues minutes, le temps que le préposé à l'émigration tourne et retourne mon passeport dans tous les sens, examinant à maintes reprises les nombreux tampons, extensions et autres visas vietnamiens, avant de me regarder d'un air étrange et de demander à son superviseur que faire pour le "trou" de cinq jours dans mes titres de séjour, cinq jours de clandestinité, le temps que ledit passeport aille se faire tamponner à Saïgon-la-libérale, 4000km aller-retour, forcément, ça prend un peu de temps, surtout en période de célébrations et autres élections municipales qui ont tendance à tout faire traîner, et par un étrange effet de bord à empêcher mademoiselle de partager mes draps, mais c'est une toute autre histoire.
Revenons à notre superviseur, qui, vraisemblablement très très concerné, vâng vâng vâng (oui oui oui), finira par pousser un grand soupir accompagné d'un signe de la main à la signification plus que claire - comprendre "rien à foutre, fais pas chier" -, avant de remettre ses écouteurs, histoire de finir sa sieste tranquillement, et en musique, tant qu'à faire. Le jeune préposé me remettra alors le sésame pour la zone internationale, m'indiquant le chemin avec un large sourire et un hope to see you again inhabituellement chaleureux.

En salle d'embarquement, tiens, qui revoilà, oh, ledit préposé, essouflé, à croire qu'il me courait après..

- Can I see your passport again?
- ?!??
- Sorry, I forgot a stamp.

Un soupir de soulagement, un énième tampon et un décollage plus tard, le calme d'une mer de nuages, deux petites heures au dessus de tout, ressortir le baladeur mp3 du sac dans lequel il est resté près de deux mois: je n'écoutais plus de musique susceptible de me rappeller un quelconque souvenir, en l'occurence, plus de musique du tout.

Et là, en fond, ce titre d'Anathema, et une constatation, les notes et brouillons s'accumulent, mais je n'arrive plus à trouver ce ciment qui donne un rythme, une trame, un sens à tous ces mots, tout en sachant parfaitement pourquoi: depuis quelques semaines, je n'écris plus pour moi, mais bel et bien pour toi, chère lectrice, cher lecteur. Pour essayer de te faire partager quelques fragments de ce que je vis, vois, sens, touche, goûte ou entends, au quotidien. Pour essayer de partager un peu de cet énorme apprentissage permanent qu'est le voyage, ce dépaysement devenu ordinaire, habituel.

En bref, me voilà donc en pleine procédure de licenciement, mais je ne m'étendrai pas plus sur ce sujet pour l'instant, dernier prélude avant une liberté retrouvée, un congé à durée indéterminée, l'envie -et la possibilité- de rester encore quelques temps sur ce continent, des projets plein la tête, surtout pas d'informatique, mais beaucoup de photo, quelques milliers de kilomètres en prévision, pas tout de suite, non, le temps de finir d'apprivoiser ma 'tite poubelle soviétique -Минск!- et sa saloperie d'embrayage manuel. Viêt-Nam, du nord au sud, Cambodge, Laos, du sud au nord, ou pas, après, on verra, ou pas, pour l'instant, je délaisse quelques jours le pays des gens qui s'habillent en pyjama et disent quá et ơi tout le temps, pour quelques jours de "repos" au pays des gens qui s'habillent en jaune et disent khrap tout le temps.

Oh oui, on dirait bien un changement de vie. Khrap.

(Anathema - Violence)



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